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Accident avec un sanglier : indemnisation, démarches auprès de l’assurance et rôle de la gendarmerie

Accident avec un sanglier : indemnisation, démarches auprès de l’assurance et rôle de la gendarmerie

Accident avec un sanglier : indemnisation, démarches auprès de l’assurance et rôle de la gendarmerie

Accident avec un sanglier : les bons réflexes dès la première seconde

Une route de campagne, la nuit, les phares qui découpent le bitume… et soudain, une masse sombre qui surgit : un sanglier. L’impact est brutal, le temps se suspend, et votre voiture ressemble tout à coup moins à un moyen de transport qu’à une énigme pour expert d’assurance.

Dans ce genre de situation, le plus précieux n’est pas seulement l’airbag, mais aussi votre sang-froid. Voici les gestes à adopter immédiatement après la collision.

1. Assurez votre sécurité et celle des autres

  • Allumez vos feux de détresse.
  • Garez-vous si possible sur le bas-côté, loin des virages et zones dangereuses.
  • Enfilez votre gilet jaune et installez le triangle de signalisation à au moins 30 mètres, davantage sur route rapide.
  • Ne descendez pas précipitamment du véhicule sans regarder : un second véhicule pourrait arriver, et il serait bien dommage d’ajouter un accident d’humain à celui du sanglier.

    2. Ne touchez pas l’animal

    Un sanglier blessé peut être extrêmement dangereux. Même immobile, il peut être seulement sonné. Tenez-vous à distance et évitez de tenter le moindre « sauvetage » improvisé. Votre rôle n’est pas de jouer les vétérinaires de la forêt, mais de sécuriser la zone et prévenir les autorités.

    3. Prévenez les secours si nécessaire

  • En cas de blessure (vous, vos passagers ou d’autres usagers) : appelez le 112 ou le 15.
  • En cas de véhicule immobilisé sur la chaussée ou présentant un danger : il peut être utile de prévenir également les forces de l’ordre.
  • Une fois le calme (relatif) revenu, commence alors le second acte : celui des démarches administratives et de l’assurance. C’est là que la gendarmerie entre en scène, telle une pièce maîtresse dans le puzzle de votre indemnisation.

    Pourquoi le rôle de la gendarmerie est crucial après un choc avec un sanglier

    Lors d’un accident avec un animal sauvage, un point fait souvent la différence entre un dossier indemnisé et une demande refusée : la preuve. Votre assureur n’était pas sur place ; il devra donc se fier à ce que vous lui apportez comme éléments concrets.

    Faut-il appeler systématiquement la gendarmerie ?

    Dans l’absolu, ce n’est pas une obligation légale dans tous les cas, mais c’est fortement recommandé, notamment si :

  • Les dégâts matériels sont importants.
  • Le véhicule n’est plus en état de rouler.
  • Vous êtes blessé, même légèrement.
  • L’animal est mort sur la chaussée ou représente un danger pour les autres usagers.
  • Ce que la gendarmerie peut faire pour vous

  • Constater officiellement l’accident : les gendarmes peuvent rédiger un procès-verbal ou une main courante, document précieux pour votre assurance.
  • Signaler et gérer la présence de l’animal : pour éviter un suraccident.
  • Éventuellement prendre des photos ou mesures : chaque détail renforcera votre dossier.
  • Aux yeux de l’assureur, la parole d’un assuré seule peut sembler aussi fragile qu’un pare-brise fissuré. La présence d’un constat officiel de la gendarmerie donne, elle, le poids d’un pare-chocs renforcé à votre version des faits.

    Les réflexes à avoir pour votre assurance sur place

    Au-delà de la gendarmerie, certains gestes simples sur les lieux de l’accident peuvent transformer votre déclaration en dossier solide comme un chêne.

    Photographiez tout ce que vous pouvez

  • Les dégâts sur votre véhicule (avant, arrière, côtés, dessous si possible).
  • Les traces au sol : sang, poils, débris, marques de freinage.
  • L’animal, s’il est visible (en restant à distance de sécurité).
  • Le contexte : panneaux de signalisation, type de route, visibilité.
  • Plus vos photos sont nombreuses et précises, plus il sera difficile de contester la réalité de la collision avec un sanglier et non un simple « accrochage ».

    Rassemblez d’éventuels témoignages

    Si d’autres automobilistes se sont arrêtés ou ont assisté à la scène, demandez-leur :

  • Leurs noms et coordonnées.
  • Éventuellement une attestation écrite ultérieurement, que vous pourrez transmettre à votre assureur.
  • Remplir un constat amiable ?

    On pense souvent au constat amiable uniquement pour les collisions entre véhicules. Pourtant, certaines compagnies acceptent qu’on l’utilise aussi pour un choc avec un animal. Vous pouvez par exemple :

  • Indiquer dans la rubrique « observations » : « Collision avec un sanglier (animal sauvage) – aucun autre véhicule impliqué ».
  • Ajouter un croquis de la scène.
  • Cela ne remplacera pas un procès-verbal de gendarmerie, mais peut renforcer votre dossier.

    Quelles garanties d’assurance indemnisent un accident avec un sanglier ?

    C’est sans doute la question qui vous taraude pendant que vous contemplez votre aile enfoncée : « Suis-je couvert ? » Là, tout dépend de la formule d’assurance que vous avez souscrite. Le vent qui porte votre cerf-volant n’est pas toujours le même pour tout le monde.

    Assurance au tiers simple

    L’assurance au tiers couvre principalement la responsabilité civile, c’est-à-dire les dommages causés aux autres. Or, dans un accident avec un sanglier :

  • Vous n’avez pas endommagé le bien d’un tiers identifié.
  • L’animal est sauvage, sans propriétaire clairement responsable.
  • Dans ce cas, vos propres dommages matériels ne sont généralement pas pris en charge, sauf si votre contrat prévoit une garantie spécifique.

    Assurance au tiers « étendu » (intermédiaire)

    Cette formule inclut souvent des options supplémentaires : bris de glace, incendie, vol… et parfois une garantie dommages collision. C’est cette dernière qui peut changer la donne.

    Mais attention : dans beaucoup de contrats, la garantie « dommages collision » ne fonctionne que si un autre véhicule identifié est impliqué. Un sanglier ne rentre pas dans cette catégorie, à moins que l’on considère qu’il ait un certificat d’immatriculation, ce qui, à ce jour, n’est pas dans les usages.

    Conclusion pratique : avec un tiers intermédiaire, vous n’êtes pas toujours couvert pour les chocs avec un animal sauvage. Tout dépend des clauses spécifiques de votre police d’assurance. D’où l’intérêt d’ouvrir votre contrat un jour où il ne vient pas d’être froissé par un pare-chocs.

    Assurance tous risques

    C’est la formule la plus protectrice. Elle inclut en général une garantie dommages tous accidents, qu’un sanglier, une biche ou un panneau mal placé en soient la cause.

    Dans ce cadre :

  • Les dommages matériels sur votre véhicule peuvent être indemnisés, même si vous êtes seul en cause.
  • Une franchise restera toutefois souvent à votre charge.
  • L’indemnisation dépendra de la valeur de votre véhicule (valeur à dire d’expert, valeur de remplacement, etc.).
  • En cas de doute, un simple appel à votre assureur ou un coup d’œil à la rubrique « dommages au véhicule » de votre contrat vous évitera bien des mauvaises surprises.

    Indemnisation : comment ça se passe concrètement ?

    Une fois la frayeur passée, le dossier d’indemnisation suit, lui, une logique un peu moins émotionnelle et beaucoup plus procédurale.

    Respecter le délai de déclaration

    Vous devez déclarer l’accident à votre assureur en général dans un délai de 5 jours ouvrés (vérifiez votre contrat). Pour cela :

  • Contactez votre assureur par téléphone ou via votre espace client en ligne.
  • Envoyez ensuite un courrier ou un formulaire numérique récapitulant les circonstances.
  • Joignez les pièces : photos, éventuel constat, procès-verbal ou attestation de la gendarmerie, témoignages, etc.
  • L’expertise du véhicule

    Si les dégâts sont importants, l’assureur missionnera un expert automobile. Sa mission :

  • Evaluer l’ampleur des dommages.
  • Estimer le coût des réparations.
  • Décider si le véhicule est économiquement réparable ou s’il part en « épave » (véhicule économiquement irréparable).
  • En cas d’épave, l’indemnisation se fera généralement sur la base de la valeur de remplacement à dire d’expert, c’est-à-dire la valeur du véhicule juste avant l’accident, selon son âge, son kilométrage et son état.

    La question du malus

    Bonne nouvelle : un choc avec un animal sauvage, dûment prouvé, est le plus souvent considéré comme un accident non responsable. Dans ce cas :

  • Aucun malus ne devrait être appliqué.
  • Votre bonus est en principe préservé.
  • Attention toutefois : ce principe dépend des conditions de chaque assureur et des circonstances exactes de l’accident. Si par exemple l’enquête fait apparaître une vitesse manifestement excessive ou un comportement imprudent, l’analyse peut se compliquer.

    La franchise

    Même en tous risques, vous aurez généralement une franchise à payer, dont le montant est prévu dans votre contrat. C’est la partie des dommages qui reste à votre charge. On pourrait la comparer à la petite bourrasque que vous acceptez pour que le vent global reste favorable.

    Et si quelqu’un est blessé lors du choc avec le sanglier ?

    Les conséquences corporelles d’un accident sont évidemment prioritaires sur les réparations matérielles.

    La prise en charge des blessures

  • Votre assurance obligatoire (responsabilité civile auto) intervient pour indemniser les victimes si vous êtes responsable, ce qui n’est pas toujours le cas avec un sanglier.
  • Vos propres dommages corporels peuvent être pris en charge par une garantie du conducteur, si elle est incluse dans votre contrat (ce qui est très fortement recommandé).
  • La Sécurité sociale et votre éventuelle mutuelle santé complètent ou prennent en charge une partie des frais médicaux.
  • Le rôle de la gendarmerie dans les accidents corporels

    En cas de blessure, les forces de l’ordre interviennent quasiment systématiquement. Leur constat, leurs mesures, leurs rapports seront essentiels pour déterminer les circonstances et, le cas échéant, la part de responsabilité de chacun. Là encore, ces éléments nourrissent le travail de l’assureur et protègent vos intérêts.

    Cas particuliers : animal domestique, animal sauvage, chasseur… qui est responsable ?

    Tout accident avec un animal n’est pas forcément lié à un sanglier sauvage. Or, le régime d’indemnisation peut changer du tout au tout selon le « statut » de l’animal.

    Collision avec un sanglier ou autre animal sauvage

    Dans la très grande majorité des cas :

  • Aucun propriétaire identifiable.
  • Pas de tiers responsable clairement désigné.
  • Votre indemnisation dépend uniquement de vos propres garanties (tous risques, etc.).
  • Les fédérations de chasse peuvent parfois intervenir pour les dégâts agricoles, mais pas pour les véhicules des particuliers après simple collision sur route ouverte.

    Collision avec un chien, un cheval ou un autre animal domestique

    Si l’animal a un propriétaire identifié (collier, puce, présence du maître, témoins…) :

  • La responsabilité du propriétaire peut être engagée.
  • Sa responsabilité civile (incluse dans son assurance habitation en général) peut indemniser vos dommages.
  • Votre propre assureur pourra se retourner contre le sien (recours) après vous avoir indemnisé si votre contrat le prévoit.
  • Dans ces cas-là, le constat amiable entre le conducteur et le propriétaire de l’animal peut être très utile, même si cela fait sourire au premier abord de « déclarer » Médor comme tiers impliqué.

    Animal issu d’une chasse organisée

    Dans de rares situations, lorsqu’un sanglier surgit clairement d’une battue mal sécurisée, la responsabilité de l’organisateur de la chasse pourrait être engagée. Mais la preuve est délicate à apporter, et il faudra généralement :

  • Des témoignages solides.
  • Un constat précis de la gendarmerie.
  • Un travail d’enquête plus poussé.
  • Dans ce type de cas complexe, l’assistance juridique éventuellement incluse dans votre contrat d’assurance peut se révéler très précieuse.

    Prévenir autant que possible : quelques conseils de conduite

    On ne négocie pas avec un sanglier comme avec un dos-d’âne : c’est lui qui gagne, presque toujours. Autant limiter les risques en amont.

    Surveillez les zones à risque

  • Redoublez de vigilance en lisière de forêt, en campagne, près des champs de maïs ou de chênes (leur garde-manger préféré).
  • Prenez très au sérieux les panneaux « attention traversée de gibier ».
  • Ralentissez à la tombée de la nuit et à l’aube, périodes où les animaux sont les plus actifs.
  • Adoptez une conduite adaptée

  • Réduisez votre vitesse en zone boisée, surtout de nuit.
  • Gardez les deux mains sur le volant : un sanglier, c’est un choc lourd, et votre trajectoire peut être violemment déviée.
  • Évitez les manœuvres désespérées : mieux vaut parfois un choc contrôlé avec l’animal que finir contre un arbre ou dans un ravin.
  • Une voiture se répare, parfois difficilement, mais un corps humain est encore plus fragile qu’une carrosserie.

    Relire son contrat… avant d’en avoir besoin

    Enfin, prenez le temps – un soir calme, sans bruit de sabots au loin – de parcourir votre contrat d’assurance auto :

  • Disposez-vous bien d’une garantie dommages tous accidents ?
  • Votre garantie conducteur est-elle suffisante ?
  • Une assistance 0 km est-elle incluse pour le remorquage en cas d’immobilisation après choc avec un animal ?
  • Anticiper, en assurance, c’est un peu comme attacher soigneusement la ficelle de son cerf-volant : on ne contrôle pas le vent, ni les sangliers, mais on s’arrange pour que, quoi qu’il arrive, l’ensemble demeure sous contrôle.

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