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Délit de fuite amende : ce que vous risquez vraiment et ce que prévoit votre assurance auto

Délit de fuite amende : ce que vous risquez vraiment et ce que prévoit votre assurance auto

Délit de fuite amende : ce que vous risquez vraiment et ce que prévoit votre assurance auto

Délit de fuite : de quoi parle-t-on vraiment ?

On imagine souvent le délit de fuite comme la scène d’un film : une voiture qui disparaît dans la nuit après un choc violent, pneus crissant et phares éteints. La réalité est parfois beaucoup plus banale… et tout aussi sévèrement sanctionnée.

Le délit de fuite, au sens du Code pénal (article 434-10), c’est le fait, pour un conducteur impliqué dans un accident, de quitter volontairement les lieux pour échapper à sa responsabilité civile ou pénale. Pas besoin d’un carambolage spectaculaire : un simple rétroviseur arraché sur un parking et un départ “en douce” peuvent suffire.

Trois éléments sont essentiels :

Un départ parce que “vous êtes pressé” ou parce que “les dégâts sont minimes” reste, aux yeux de la loi, un délit de fuite dès lors que vous vous soustrayez à l’échange d’informations.

Autre point souvent mal compris : le délit de fuite est distinct d’autres infractions comme :

Dans certains cas, ces infractions peuvent se cumuler. Un cocktail juridique dont on se passerait volontiers.

Les sanctions en cas de délit de fuite : bien plus qu’une “simple” amende

Le délit de fuite est un délit pénal, pas une contravention. Autrement dit, on quitte la logique du “simple” PV pour entrer dans le domaine des peines lourdes, avec casier judiciaire à la clé.

La loi prévoit notamment :

À cela s’ajoutent des sanctions routières et complémentaires :

“Oui mais si personne n’est blessé, c’est moins grave, non ?”

La présence ou non de blessé va évidemment peser dans la balance lors de la décision du juge, mais le délit de fuite en lui-même reste lourdement puni, même en cas de dommages purement matériels. Surtout si vous étiez déjà en infraction (excès de vitesse, alcool, stupéfiants…).

Un autre point trop souvent sous-estimé : le casier judiciaire. Une condamnation pour délit de fuite peut y figurer, avec des conséquences possibles sur votre vie professionnelle (certains employeurs demandent un extrait de casier, notamment pour des postes de conduite, de sécurité ou de fonction publique).

Ce que prévoit vraiment votre assurance auto si VOUS prenez la fuite

Curieusement, beaucoup d’automobilistes pensent que leur assurance est une sorte de bouclier magique, qui les protégerait de tout, y compris de leurs propres fuites en avant. La réalité est beaucoup moins romanesque.

Premier principe fondamental du droit des assurances : la faute intentionnelle de l’assuré n’est jamais couverte. Or, un délit de fuite, par définition, c’est une fuite volontaire pour se soustraire à sa responsabilité.

En pratique, que se passe-t-il si vous commettez un accident, partez, puis êtes identifié ?

À cela s’ajoutent des conséquences à plus long terme :

On pourrait résumer ainsi : en commettant un délit de fuite, vous vous mettez à dos à la fois la justice et votre assureur. Le soutien discret de l’assurance, habituellement aussi rassurant qu’un plaid sur un canapé en hiver, se transforme alors en un regard beaucoup plus sévère.

Et si vous êtes victime d’un délit de fuite ?

Changeons de côté du pare-brise. Cette fois, vous êtes celui ou celle qui reste sur le trottoir, ou sur le parking, à regarder s’éloigner une voiture qui vient de vous abîmer, parfois même sans que le conducteur n’ait semblé remarquer quoi que ce soit.

La première question qui surgit est souvent : “Qui va payer ?”

Tout dépend de deux choses :

Cas n°1 : l’auteur est identifié

Grâce à un témoin, une caméra, une plaque relevée in extremis, la police ou la gendarmerie remonte jusqu’au conducteur fautif.

Cas n°2 : l’auteur n’est pas identifié

C’est le scénario le plus frustrant, celui du pare-choc enfoncé sur un parking désert ou de la voiture qui disparaît trop vite.

On mesure ici à quel point le niveau de couverture choisi au moment de la souscription peut transformer un moment d’injustice en simple contrariété… ou en vraie catastrophe financière.

Les réflexes à avoir sur le moment si vous êtes victime

Au-delà de l’assurance, votre manière de réagir juste après le choc peut faire toute la différence. Quelques réflexes valent de l’or, surtout quand l’autre conducteur disparaît.

On l’oublie souvent, mais un constat amiable peut être rempli même si l’autre partie ne s’arrête pas. Il servira alors de cadre factuel à votre déclaration, comme un journal de bord de ce qui s’est réellement passé.

Et si vous avez paniqué et quitté les lieux… puis regretté ?

La réalité humaine n’est pas toujours celle des manuels juridiques. Il arrive qu’un conducteur, sous le choc, pris de panique, quitte les lieux avant de réaliser la gravité de son geste. La peur, comme un phare mal réglé, peut aveugler quelques secondes de trop.

Est-il trop tard pour revenir en arrière ?

La loi ne prévoit pas de “délai de grâce” officiel, mais se présenter spontanément au plus vite à la police ou à la gendarmerie pour expliquer les faits peut être mieux perçu par la justice que d’attendre d’être identifié. Cela ne fera pas disparaître l’infraction, mais peut peser dans l’appréciation du juge.

Côté assurance, toutefois, le fait d’avoir quitté les lieux reste un comportement intentionnel. Votre assureur pourrait :

Dans une telle situation, l’accompagnement d’un avocat peut s’avérer précieux, pour naviguer entre les enjeux pénaux et assurantiels, et défendre au mieux votre dossier.

Prévenir le délit de fuite : quelques conseils très concrets

On pourrait croire que “ne pas prendre la fuite” est un conseil évident. Pourtant, dans le feu de l’action, la tentation de s’éclipser peut surgir plus vite qu’on ne l’imagine, surtout si l’on se sait déjà en tort.

Quelques repères simples peuvent vous éviter bien des tourments :

Au fond, une bonne assurance, c’est un peu comme ce vent doux qui soutient les ailes d’un cerf-volant : elle ne l’empêche pas de tanguer, de vibrer ou de monter un peu trop haut, mais elle l’accompagne, le stabilise, et lui évite de s’écraser au moindre coup de travers. À condition, bien sûr, que le cerf-volant ne décide pas tout seul de rompre la ficelle.

Le délit de fuite est l’une de ces rares situations où tout le système se retourne contre le conducteur : la loi, l’assurance, et parfois même sa propre conscience. Rester, assumer, remplir un constat, laisser ses coordonnées, appeler les secours si nécessaire : autant de gestes simples qui, le moment venu, peuvent vous éviter des nuits blanches… et des années de complications.

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